Ainsi vous pourrez découvrir ce magnifique pays à travers une association :
ACIM - ASIA,
une mission Catholique :
Rosa Mystica.

mercredi 15 décembre 2010

Nous repartons en territoire musulman...


Nous repartons en mission avec l'armée en territoire musulman à Magindanao.

Samedi 11 décembre : Peace Talk

Lundi 14 décembre : Mission médicale à Panoselen

Mardi 15 décembre : Mission Médicale à Midconding


Le travail de l'armée est de maintenir la paix dans cette partie de l'île de Mindanao. Ce est

constitué en partie de musulmans. La pauvreté provoque des tensions entre propriétaires terriens : les problèmes sont réglés par les armes. Vous avez aussi des groupes de rebelles qui font partie du mouvement d'indépendance de Mindanao pour les musulmans qui, eux, provoquent des attaques terroristes à but politique.

Samedi 11 décembre :

Notre objectif est de parler avec des élèves de 17 à 21 ans du monde, de leur pays et de voir avec eux comment ils peuvent avoir la paix dans leur pays. Nous leur expliquons aussi que la paix ne s'obtient pas avec l'arme au poing. 4 écoles de cette région étaient représentés, soit 50 élèves. Avant notre arrivée, ils devaient effectuer une rédaction sur "la paix". Pour cette journée, c'est Shéryl qui a trouvé les intervenants : une journaliste d'une télévision, deux professeurs, Thierry (nouveau

volontaire Suisse) et moi. La journaliste fera un article à la suite de cette journée. Les deux professeurs vont sensibiliser les élèves en leur expliquant l'utilité de la communication, des informations, de l'importance de se renseigner sur ce qui se passe

dans le monde. Et notre présence leur démontre que des étrangers viennent les aider gratuitement sans chercher la guerre. Pour ma part, je vais les faire jouer : le jeu de la radio, puis un banc : "atchic,


atchic, atchic : Aie, Aie, aie". Ils sont heureux comme tout, d'autant qu'ils aiment chanter et que pour certains, c'est la première fois qu'ils voient des étrangers. Le simple fait de les regarder en faisant un bon sourire déclenche leurs rires. L'après midi, ils regardent le dessin animé Kun Fu Panda. L'histoire montre une équipe de différents animaux qui vont s'unir pour combattre un ennemi. Nous nous sommes servis de ce film pour leur montrer l'importance de l'union pour avancer et que, même avec différentes religions, nous pouvons vivre ensemble et en paix.


lundi 14 décembre :

Pour montrer à la population que nous voulons la paix, une mission médicale est organisée à Panoselen. Ils ont la possibilité de voir un médecin, un dentiste ou encore, pour les garçons circoncision, et pour les animaux, voir un vétérinaire gratuitement.

Un truck militaire vient nous chercher à 5h du matin à Gensan, nous chargeons les médicaments et nous partons. 2 heures de trajets pour arriver au camp militaires situé à 10 km de Panoselen. Un autre camion militaire va nous suivre ainsi que le 4x4 des 3 militaires américains. La règle dans le truck est de ne pas chanter ou de rester debout ce qui attirerait l'attention. Le lieutenant Delos Santos qui organise toute cette mission nous annonce qu'il y a


eu une inondation donc nous devront prendre le bateau, ou plutôt une barque ! Nous arrivons au lieudit, et en effet des enfants font traverser tout le monde sur leur petite barque. Thierry s'amuse à balancer la barque, nous sourions jaune car nous avons nos appareils photos et Shéryl a son ordinateur avec elle, mais la traversée se passe sans embûche. Ensuite, nous devons marcher car les tracteurs sont déjà pris par d'autres volontaires philippins d'une autre association. Nous


marchons sous ce soleil de plombs malgré l'heure, 9h du matin. Nous sommes avec les Militaires de l'US army et quelques militaires philippins. Les blagues entre américains et français commencent, tout va bien, nous rions bien. Les villageois que nous croisons nous saluent, étonnés de voir des étrangers, nous leur répondons en annonçant qu'il y a une mission médicale à 3 km. Un tracteur philippin arrive pour nous prendre. Premier obstacle, le

tracteur patine dans une grosse flaque de boue, les philippins poussent, nous à l'intérieur. Tout va bien, nous repartons.

Arriver à Panoselen, Acim Asia va s'occuper de la pharmacie. Nous retrouvons avec plaisir quelques élèves de samedi toutes heureuses de nous retrouver, me demandant de lancer à nouveau le banc "atchic atchic ..." Tous les enfants se regroupent autours des étrangers américains et

nous, nous regardant avec des grands yeux un peu effrayés.

Le flot de patients arrivent avec les prescriptions, nous ne nous arrêterons pas avant la pause du repas à 12h30, puis, arrêt définitif à 2h. Il y a un brouhaha pas possible entre les différents intervenants : ceux qui clament les noms des patients, ceux qui cherchent des médicaments, etc ... L'organisation n'est pas super, mais nous arrangeons cela pour le lendemain, pour qu'il y ait moins de personne dans la pharmacie , une meilleure disposition des tables de médicaments ainsi que pour le parcours de la prescription et du patient.

Durant cette journée, il y a eu 235 patients pour des cheks-up médicaux, 87 pour le

dentiste, 45 pour les circoncisions, 7 pour des petites chirurgies et ....... pour le vétérinaire, 4 carabao, 9 chèvres et 7 cows.

Le vétérinaire est l'un des militaires américains, il va apprendre aux philippins à utiliser le lasso pour attraper les animaux et à leur injecter les vitamines. Cela sera la grande attraction du jour.


A la fin de cette mission, nous repartons en moto jusqu'à l'endroit où nous reprenons la barque, puis le truck jusqu'au lieu où nous dormons. C'est la même maison

que lors de notre première mission à Magindanao dans la propriété du capitaine du barangaï. Il nous prépare un très bon dîner, puis nous allons vite nous coucher car nous sommes épuisés. A 4h, la mosquée d'à côté nous réveille pour la prière....

Levé 5h30.



Mardi 15 décembre :

Nous allons en truck à un village à 5 km cette fois du camp, Midconding. Nous allons installer la pharmacie, l'organisation est beaucoup mieux que la veille, et les patients tourneront bien : il y a eu 491 patients pour le médical, 133 pour le dentiste, 40 pour les circoncisions et 1 carabao pour le vétérinaire.

La pharmacie fonctionne ainsi : dans la queue, un militaire

récupère toutes les prescriptions, puis Mel et moi nous préparons les prescriptions, Thierry et Bimbos enregistrent les médicaments préparés, Shéryle surveille que ce soit bien fait et deux infirmières philippines les distribuent en donnant les explications nécessaire, avec l'aide d' un militaire qui fait passer les médicaments.


Avant de commencer, tous les enfants nous regardaient encore,

alors je me suis mise à les attraper: ils riaient tous et tout le monde était heureux de voir ce petit jeu.

Ce jour-là, un bus-hôpital était là, permettant de faire des petites opérations.

Nous rentrons à Gensan à vive allure, notre driver ne perd pas de temps doublant les voitures ou les tricycles à droite ou à gauche...

Bref, la conduite philippine :)

Nous avons bien faim, alors nous finissons la journée avec un Mc Donald puis nous allons boire un verre.

Merci encore au lieutenant Delos Santos qui nous a permis de participer à cette nouvelle mission, ainsi que pour son souci de l'organisation. Merci aussi à Shéryl pour tout ce qu'elle a fait.



Un rayon de soleil philippin au milieu de l’hiver européen


Un mois après mon retour des Philippines, je me réhabituais peu à peu à la vie européenne.


Par une froide matinée, alors que je marchais d’un air décidée vers le lieu de mon rendez-vous, la vue d’une affiche de cinéma me frappa : Lola….Lola, mot tagalog qui signifie grand-mère. Surprise par cette affiche je cherchais, empressée à en savoir plus. Ce titre de film n’était-il qu’une coïncidence ou avait-il un lien réel avec les Philippines ? Je m’approchai alors de l’affiche :

« Lola, film philippin…A Manille, deux femmes âgées se trouvent confrontées à un drame commun : Lola Sepa vient de perdre son petit-fils, tué d’un coup de couteau par un voleur de téléphone portable ; Lola Puring est la grand-mère du jeune assassin, en attente du procès. L’une a besoin d’argent pour offrir des funérailles décentes à son petit fils, pendant que l’autre se bat pour faire sortir son propre petit-fils de prison. Déambulant dans les rues de la ville, sous une pluie battante, elles luttent infatigablement pour le salut de leur famille respective… ».

Le cinéma allait bien diffuser ce film étranger. Quelle joie et quelle occasion de retrouver pour quelques heures l’atmosphère de ce merveilleux pays ! Je n’hésitais pas et décidais d’aller voir ce film, seule ou accompagnée.

Une semaine plus tard, le 7 décembre, je m’installais, seule, plus impatiente à l’idée de voir un monde connu que par celle de découvrir l’histoire du film. Dans quelques instants, le film allait commencer.

Les lumières s’éteignaient, la projection commençait. Pendant deux heures je replongeais dans la vie quotidienne des Philippines. Je ne m’attarderais pas à parler du film en lui-même mais plutôt de toutes ces choses, découvertes lors des 3 mois passés aux Philippines, et qui défilaient à mes yeux, sur l’écran.

Je retrouvais tout d’abord les jeepnees, et je revoyais ces moments ou avec d’autres volontaires, nous nous y entassions ou bien même lors de notre départ de Tanay, après la mission Rosa Mystica. Sur l’écran du cinéma, j’apercevais également quelques tricycles, moins fréquents à Manille. Mais combien de fois les avons-nous utilisés, à General Santos ! « Lagao gym, please ! », et nous montions dans ces tricycles, propres aux pays asiatiques, et si utiles !

Et puis je reconnaissais également, parmi les fruits et légumes que Lola Puring vendaient, ces

long haricots verts que nous coupions soigneusement en petits morceaux pour Maricar, ou encore ces magnifiques mangues jaunes, si savoureuses que nous aimons tant.

Parmi les personnes intervenantes dans le film, il y avait bien sûr ces gardes qui remplissent les villes, à Manille comme à Gensan, ces gardes postés partout , chargés de garder l’ordre parfois, ou encore de s’assurer que tout danger ou objet dangereux soit écarté, comme dans les supermarchés.

Les habitudes philippines surgissaient également dans ce film. J’étais particulièrement

enchantée de voir les plus jeunes personnages bénir par ce respectueux « Bless » les personnes plus âgées. De même cette manière qu’ont les Philippins, lorsqu’ils frappent à une porte de lancer amicalement : « Taupo ! » ou encore « Ayo ! », terme non utilisé dans le film, firent naître en ma mémoire de nombreux souvenirs. Je citerais cette arrivée à Davao ou nous avions tenté en vain et pendant de longues minutes de lancer ce « Taupo ! ».

Tous ces gestes, ces objets, ces personnes qui défilaient sur l’écran me mettaient dans une

grande joie. Mais s’il est une chose qui m’a comblée, ce n’est sans aucun doute le langage. En effet le film était entièrement en tagalog, sous-titré français. J’écoutais avec un bonheur immense les acteurs parler dans leur langue maternelle, et je m’appliquais durant tout le film à reconnaître les différents mots de vocabulaire, appris avec soin lors de mon séjour. Certains mots, très courants, restaient familiers, alors que je redécouvrais d’’autres noms ou

locutions, telle que « Walang problema, aucun problème ». Le tagalog achevait de me

replonger dans la vie aux Philippines. Au travers des paroles des personnages, je retrouvais également les intonations de voix et la mélodie de ce langage. J’étais comblée.

Mais déjà le film touchait à sa fin. Je rentrais chez moi ravie d’avoir replongé pour quelques heures aux Philippines, d’avoir pu goûter à ce langage que je définirais de mélodieux.

Maraming salamat Philippines at Filipinos!

A ma lola…

Véronique, volontaire Suisse, revenu dans son pays il y a un mois.


lundi 6 décembre 2010

Mam Judith







Judith était l'infirmière d'une école élémentaire. Nous avions travaillé avec elle, pour effectuer des check-up. Maman de deux enfants, elle attendait le troisième. Elle venait de réussir l'examen qui lui aurait permis de travailler à l'étranger....mais Dieu l'a voulu autrement, elle s'est envolée vers Dieu le 22 Novembre.

Après une hyper tension à 230/130, elle a fait un accident vasculaire cérébrale. Emmenée dans un très bon hôpital, elle a eu une césarienne en
urgence, ainsi qu'une opération au niveau neurologique. Elle restera une semaine dans le coma avant de partir sans connaitre son petit bébé qui est en très bonne forme et est né à 8 mois.

Durant la semaine de coma, toute la famille est là: les soeurs
de Judith, ses parents, ses cousins et des amis. La chambre est stérile, ils se trouvent dans une salle qui a une fenêtre qui donne sans la chambre de Judith. Quand nous allons lui rendre visite pour la première fois, il y a une
dizaine de personnes. Nous disons le chapelet tous ensemble, et ils nous donnent rendez vous pour le chapelet tous les soirs de la semaine. A chaque fois, 5ou6 personnes de la famille restent
dormir à l'hôpital.

Un soir, j'apporte de l'eau de Lourdes en leur expliquant l'histoire de Sainte Bernadette. Cela les
rassure et les enchante. Le 22 novembre, elle ne se réveillera plus mais la famille va l'accepter avec un grand recueillement. Elle avait reçu l'extrême onction dès son accident.

La famille va récupérer le corps et le ramener dans leur maison. Judith est très belle, maquillée
avec une tenue traditionnelle blanche. La famille va la garder jusqu'au 4 Décembre, jour de l'enterrement, en ne laissant jamais le cercueil seul. Toute la famille se relaye aussi durant la nuit.

Nous passerons une nuit dans leur famille. Ils sont très heureux de nous accueillir. Nous, nous
sommes très contentes de découvrir la vie familiale. Il y a beaucoup de bruit, beaucoup
d'enfants, beaucoup de vie et tout le monde est heureux. Le soir chacun joue à des jeux différents selon les catégories d'âges, jeux de cartes, d'échec, de
scrabbles...

Nous y retournerons pour son anniversaire le 28 Novembre. La famille fête son anniversaire même si elle est décédée. C'est sa fille qui soufflera les bougies. Elle a 37 ans.

L'enterrement a lieu le 4 décembre, malheureusement nous ne pouvons pas y aller car nous
devons accompagner l'abbé pour la tourné des patients que nous avions trouvé et qui avaient besoin d'un sacrement.




dimanche 5 décembre 2010

Pluie de Grâces pour nos patients


Samedi le 4 décembre 2010

Le Father Mac Phersen vient pour la messe de 10 h. Après un bon repas,

en avant pour visiter tous les patients qui ont besoin d'un sacrement.

Premier arrêt l'hôpital public : emergency

  • Premier Bébé : Baptême de Marie-Claire, Thierry est le parrain
  • Deuxième Bébé : baptême de Castillo Crisann, Thierry et moi sont parrain et marraine de remplacement.
  • Le prêtre benit aussi un petit boy du nom de Fernando paralysé
  • Puis il benit la pièce (pediatrie).

Chez les adultes:

  • Un monsieur de 50 ans seul, très malades, se confesse longuement et reçoit la communion.
  • Un vieux monsieur qui a déjà reçu l'extrême onction est béni par l'Abbé.

En attendant avec Maricar, nous parlons avec une dame enceinte de 7 mois qui a été brûlée par son mari. Elle a peur de son mari qui est dans la pièce et elle souhaite qu' il aille en prison. A la fin, elle nous remercie et me prend dans ses bras en fondant en larmes. Je lui dis que je prierai bien pour elle. Elle voudrait que sa famille soit présente. Vu la situation, Maricar prend les coordonnées pour que nous puisons trouver sa famille.



    • Apres, nous allons à St-Elisabeth pour voir un monsieur en fauteuil roulant que nous avions déjà vu auparavant dans sa maison, il se confesse et communie.
    • Puis c'est au tour de Mam Jumeng et de son amie, ainsi que Mam Villanueva. Ce sont des personnes âgées qui ne peuvent plus se déplacer. Pendant qu'elles se confessent nous récitons le chapelet
    • L'Abbé doit repartir, mais nous allons voir une petite fille de 11 ans qui a un diabète bien avancé ses jambes pourrissent au fur et à mesure, l'odeur le prouve... Maricar lui fait un cours sur la première communion. Un ami de la famille nous demande pourquoi tant de malheurs ! Nous tentons de lui expliquer mais nous devons partir car la nuit tombe. Nous reviendrons.

    La pauvreté est une richesse


    L’hôpital public de Gen San

    Gen San ne comporte qu’un hôpital public a la porte des populations pauvres. L’Etat, qui n’est pas riche lui non plus, n’a pas les moyens d’offrir aux plus démunis une hospitalisation complète.

    Celui qui entre dans l’établissement reçoit un lit ou la moitie d’un lit, recouvert d’un matelas pour les adultes mes rarement

    pour les enfants ; exceptionnellement il bénéficie du luxe d’un drap. A partir de ce moment, le malade a accès a la surveillance des médecins et infirmiers. Mais il doit avoir l’argent pour acheter sa nourriture et les médicaments prescrits, sinon il est obligé de quitter l’hôpital, à moins d’y mourir de faim.

    Toute la richesse de ce lieu se trouve dans les sourires des patients heureux de notre visite, à qui nous donnons un chapelet et parlons un peu du Bon Dieu.

    Quand nous arrivons, les lits se succèdent dans les couloirs depuis la

    porte

    d’entrée. On y trouve une grande majorité de mamans, deux par deux sur les lits avec leur bébé naissant. Il ne faut pas négliger le fait que, sans compter les bébés, il y a facilement trois ou quatre personnes sur le même lit, car un patients aux Philippines n’est jamais seul. La dimension humaine de la vie est respectée et le malade a toujours la compagnie de son époux, de sa grand mère ou d’une grande sœur. Dans le cas d’une personne sans famille, nous avons déjà vu des voisins veillant jour et nuit au chevet d’un célibataire malade.

    Si nous nous rendons dans le service des enfants, une salle est réservée aux cas les plus inquiétants qui ont besoin d’une attention renforcée. A côte du lit se trouve une grande bombonne d’oxygène , transmis a l’enfant par un cône en carton fabriqué avec les moyens du bord, que la maman doit tenir à portée du visage du petit malade. Mais ce détail peut encore être acceptable si l’on considère la technique de respiration artificielle pour un bébé… Celui-ci a dans la bouche une sonde, dans laquelle l’air est envoyé par une petite pompe a main activée par la famille qui se doit de pomper 24h/24h pour permettre à son enfant de vivre .

    Il est impossible d’écrire cette chronique sans parler du traitement des petits prématurés. Ces

    bébés minuscules sont déposés dans un lit au milieu de quelques coussins. On les place sous une lampe genre « lampe de bureau » et l’infirmière vient deux fois par jour leur donner une dose de lait au moyen d’une sonde. Pour obtenir d’avantage l’effet couveuse, j’ai vu une fois un lit empaqueté de cellophane.

    Que dire du service des adultes ? On y rencontre des amputes, des victimes d’accident de tricycle, des hommes ayant reçu des coups de couteaux, des brules ou des personnes qui ont

    subis une importante opération de l’estomac.

    Notre travail au milieu de cette misère humaine est d’apporter un réconfort spirituel a une population qui croit encore très fortement à la protection du Ciel et en particulier à celle de la Vierge. Les chapelets nous seraient presque arrachés des mains si nous ne faisions pas attention à les donner un par un. Dans de nombreuses salles, nous récitons une dizaine et il nous est arrive de voir quelques larmes couler quand nous chantions le dernier Ave maria.

    Quand nous prenons le temps de nous asseoir près d’un enfant pour lui montrer les images de la

    Miche de pain, c’est un rayon de soleil que nous lui apportons. Peut-être ne comprend il pas notre anglais, mais les images parlent d’elles mêmes et l’humble vie de Saint Joseph et la Sainte Vierge a Nazareth ressemble tellement à la leur qu’ils ne peuvent qu’aimer cet exemple.

    Nous profitons enfin de cette action pour rechercher les personnes qui désireraient recevoir les Sacrements. Lorsque l’abbé est venu, il a pu ainsi donner deux baptêmes d’urgence à des bébés, confesser un homme, bénir un vieillard mourant… par la même occasion, un des infirmiers a demande la bénédiction d’une salle. C’est touchant de voir la reconnaissance du personnel médical qui est heureux de voir les patients assistes spirituellement. Ils nous remercient et sont contents de réciter de temps a autre une dizaine de chapelet avec nous.

    Pour conclure, je me demande toujours qui des patients ou de nous sont les plus heureux quand nous sortons de cet hôpital…. Dieu seul le sait. Mais ce qui est certain, c’est que « celui qui donne de la joie à plus de bonheur que celui qui en reçoit »(G. de Cathelineau).


    Chantal, Volontaire française